Batoche, point tournant dans l’histoire des Métis

Fondée en 1621 par Sir George Calvert, le premier Lord Baltimore, la Colonie d’Avalon est considérée comme le site colonial anglais le mieux préservé en Amérique du Nord.

C’est une colossale mine d’informations que l’on exploite quotidiennement dans cette attraction touristique fascinante et éducative. Les visiteurs reviennent 400 ans en arrière et découvrent que les habitants ne demeuraient pas dans des taudis, mais des maisons en bois rond de qualité, et avaient liberté de culte. Les femmes tenaient même les rênes de cette microsociété!

Laissez-vous séduire par le centre des visiteurs, qui contient des milliers d’artefacts et d’informations trouvés sur place par les archéologues.

Des guides vous aideront par la suite à assimiler et visiter ces nombreuses trouvailles effectuées dans seulement un tiers des 4 acres de la colonie (!), dont les vestiges d’une boulangerie/brasserie, d’une forge, du domaine Calvert, d’une rue pavée de roches ou d’un mur protégeant les habitants des flots.

Oui, car la superbe colonie est située dans un bras de mer à l’extrême sud-est de l’île… Venez en groupe, en famille ou  avec  votre animal en laisse, le passé vous attend dans ses plus beaux atours actuels !

Le Lieu historique national de Batoche commémore un événement déterminant dans l’histoire des Métis. C’est dans cette région fertile qu’ils tentent de refaire leur vie après avoir dû quitter la rivière Rouge (Winnipeg) dans les années 1870. Incapables d’obtenir les droits de propriété qu’ils réclament sur leurs nouvelles terres et menacés de famine à cause de la disparition du bison, les Métis se rebellent en 1885. Après une résistance courageuse, les forces armées canadiennes plus nombreuses et mieux armées qu’eux leur infligent une défaite à Batoche le 12 mai 1885. C’est pour eux le début d’une longue éclipse. Batoche témoigne aussi de la reconnaissance nouvelle du peuple métis au Canada.

Pour en savoir plus…

Batoche, un lieu chargé de souvenirs et de symboles

Ce lieu historique national comprend les habitations qui subsistent du village de Batoche et une partie du champ de bataille où s’est déroulé l’affrontement entre le gouvernement provisoire des Métis, dirigé par Louis Riel et Gabriel Dumont, et les forces armées du gouvernement canadien, en mai 1885. Dans le presbytère, dont les murs portent encore des traces de balles, l’église et la maison de l’habitant Jean Caron, des expositions illustrent le mode de vie des Métis à la fin du 19esiècle. Des trous de tirailleurs métis et la reconstitution du camp des militaires canadiens évoquent la bataille. Le visiteur prend aussi conscience du grave problème des terres, principale cause de la Rébellion du Nord-Ouest. Les Métis avaient divisé ces terres à la française, c’est-à-dire en longues bandes perpendiculaires à la rivière Saskatchewan sud, pour que chaque propriétaire ait un accès à l’eau, alors que le gouvernement canadien voulait les subdiviser à l’anglaise, en carrés, et les concéder en vastes lots à des compagnies anglo-saxonnes.

Aujourd’hui, le site commémoratif de Batoche et le festival Back to Batoche, qui se tient juste à côté, contribuent au regain d’intérêt pour les peuples métis du Canada et à la reconnaissance récente de leurs droits. Les villages à majorité francophone qui entourent le site de Batoche perpétuent ces racines françaises.

Qui sont les Métis de la rivière Rouge ?

Les Métis de la rivière Rouge se reconnaissent comme un peuple distinct à partir de 1816. Ces employés, ou ces sympathisants francophones de la Compagnie du Nord-Ouest, qui est basée à Montréal, sont issus d’une longue tradition de proximité entre les voyageurs de la traite de fourrures et les Autochtones. Cette tradition voit le jour au temps de la Nouvelle-France et se poursuit au Régime anglais. Les voyageurs francophones s’unissent aux femmes autochtones et fondent des familles. Ainsi naît le peuple métis de la rivière Rouge, naturellement apparenté aux francophones de la Nouvelle-France, puis aux Canadiens français qui travaillent pour la Compagnie du Nord-Ouest. Il y avait aussi quelques Métis anglophones, connus sous le nom de Half-Breeds, nés de l’union d’hommes écossais ou anglais et de femmes autochtones.

Les Métis chassent le bison comme les Autochtones et s’adonnent au commerce avec les Blancs. Ils font partie des deux groupes. Leur identité est multiple.

En 1821, après la fusion de la Compagnie du Nord-Ouest et de la Compagnie de la Baie d’Hudson, les Métis de la rivière Rouge obtiennent le droit de demeurer sur les terres qu’ils occupent à cet endroit depuis quelques générations et de les cultiver. Mais cette entente n’est que verbale. Lorsque la Compagnie vend son territoire au Canada, en 1870, le gouvernement canadien ne reconnaît pas tout de suite les droits de propriété des Métis sur ces terres, puis il leur impose des restrictions très pénalisantes.

La vision dominante du Canada

Dès 1867, la conviction que la culture anglo-saxonne est supérieure anime le gouvernement du Canada qui veut la répandre le plus possible pour le bien de tous les Canadiens. En 1869, la Loi sur les Indiens instaure des mesures visant à assimiler les Autochtones. Des restrictions affectent aussi les francophones – notamment en matière d’éducation. Quant aux Métis francophones de la rivière Rouge, après leur avoir concédé une place dans le pays en 1870, en intégrant la province du Manitoba dirigée par Louis Riel, le gouvernement canadien profite immédiatement d’un procès controversé (et de l’exécution d’un citoyen d’origine britannique) pour envoyer des troupes « régulariser » la situation à la rivière Rouge. Après des affrontements violents, diverses formes de harcèlement vont pousser les Métis à quitter en grand nombre leurs terres ancestrales et à chercher refuge plus à l’ouest.

À la même époque, les Américains entreprennent d’exterminer les troupeaux de bisons pour affamer les Sioux qui s’opposent à la colonisation de leurs terres ancestrales par les colons américains. Cette initiative a évidemment des répercussions au Canada puisque les bisons circulent dans les prairies nord-américaines sans se soucier des frontières. Le mode de vie des Métis et de plusieurs Autochtones du Canada est alors menacé.

Un nouveau mode de vie dans la région de Batoche

Autour de Batoche, dans les années 1880, les Métis qui ont quitté la rivière Rouge se tournent résolument vers l’agriculture pour subsister. Ils construisent des habitations, une église, labourent, sèment et demandent au gouvernement de reconnaître officiellement leurs droits de propriété sur ces nouvelles terres, pour éviter de les perdre à nouveau. Ils demandent aussi de l’assistance alimentaire pour échapper à la famine en attendant que la culture de leurs terres donne de bons rendements. Comme le gouvernement ne répond pas à leurs demandes, les Métis, à court de ressources et de patience, décident de recourir à la force.

En réponse au soulèvement métis, des troupes nombreuses et bien équipées sont envoyées sur place grâce au chemin de fer nouvellement construit. Les forces armées canadiennes matent facilement la rébellion à laquelle se sont joints quelques groupes d’Autochtones. La victoire des forces armées canadiennes à Batoche marque la fin du mode de vie métis et la fin de la reconnaissance de ce peuple au Canada pour un siècle. Le principal meneur des Métis, Louis Riel, sera pendu le 16 novembre 1885 pour haute trahison. Batoche rappelle ce triste patrimoine historique.

Aujourd’hui, diverses démarches juridiques devant les tribunaux ont précisé les droits des Métis qui sont inscrits depuis 1982 dans la Constitution canadienne.

infolhnbatoche-batochenhsinfo@pc.gc.ca

Batoche S0K 3R0 SK CA
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